ORIGIN’ELLES, un défilé de mode pas comme les autres?

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Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua De Longueur est issue d’une fratrie de dix enfants. Jeune Gabonaise, d’origines Camerounaises, elle est également la maman de deux jeunes filles. Belle de dehors, mais aussi pleine dans la tête, Ysis est diplômée en Action Commerciale de l’Institut national des sciences de gestion. Mais elle laisse le commerce de côté et se passionne pour la mode. Elle devient donc le mannequin incontournable au Gabon, mais embrasse aussi le coaching dans ce milieu, afin d’apprendre aux plus jeunes à aborder les podiums. Ysis, c’est aussi la danse, la comédie, l’entreprenariat culturel, mais surtout, son entreprise, GladFashionRoosts. Et, le 7 avril prochain, Ysis Makoudou Mangoua, qui s’auto-proclame la Lionne-Panthère, organise son premier grand évènement , à Libreville, ORIGIN’ELLES. L’occasion pour ALLSUD d’en savoir un peu plus sur cet évènement et bien plus encore, avec une Ysis, qui ne mâche pas ses mots (maux).
 
 
ALLSUD: Comment est né GladFashionRoots?

Ysis Gwladlys Makoudou Mangoua De Longueur: GladFashionRoots est né  d’une envie de vouloir faire évoluer les choses, envie de transmettre tout ce que j’ai appris seule à toutes ces personnes qui me prennent comme modèle, mais surtout d’une envie de partir de la passion à la professionnalisation…

AS: Que va-t-il se passer le 7 avril?

YGMMDL: Le 7 avril,  je ferai mon tout premier défilé qui a pour thème “Origin’Elles” où le public verra pour la première fois, une collection de ma griffe GladFashionRoots. Il y aura autour de ce défilé la participation d’autres stylistes, d’un styliste capillaire. il sera aussi question de danse, de slam et la prestation d’artistes comme FANG et Vickoss Ekondo…

 
 

AS: Qu’est-ce qui fait que c’est un événement mode, pas comme les autres?

YGMMDL: C’est déjà le risque que j’ai pris en tant que jeune créateur, d’organiser un défilé de mode, au lieu de faire les avant- premières d’autres stylistes.

Ce défilé est le signe de ma rébellion, contre les systèmes qui nous sont imposés pour que d’autres aient toujours le monopole. Mon défi est de prouver que nul ne possède le monopole de la création. C’est un concept qui va au-delà même d’un simple défilé de mode où je montre ma vision en terme d’organisation.

Je me place dans un contexte où je n’ai jamais fais coupe et couture à l école mais je suis une personne très créative et je fais partie des lanceuses de mode dans le milieu. Ayant une expérience en matière d’organisation, je me suis entourée de jeunes comme moi qui ne connaissent rien de la mode pour relever ce défi; je me place comme Chef de Projet.

Nous voulons ainsi prouver que pour réaliser un projet, il suffit d’avoir un concept, de maitriser le processus de réalisation et avoir l’humilité d’admettre qu’on ne connait pas et d’aller vers les personnes expérimentées pour apprendre.

Je remercie mon équipe, mon armée, Lopez, Ahmed, Raphaël, Rosny, Uriel et toute ces personnes qui me font confiance en partageant ma vision folle. Ce n’est que le début d’une longue aventure.

 
 

AS: Vous êtes dans le milieu depuis de nombreuses années, vous êtes d’ailleurs une référence au Gabon. Comment se fait-il que votre évènement ne naisse que maintenant?

YGMMDL: C’est vrai que ça fait 12 ans que je suis dans le milieu et que mes projets sont attendus et étant l’une des meilleures références du Pays, ma barre je l’ai placée très haut dès le départ.

Origin’Elles ne vient que maintenant selon certains mais je dirais,  moi, qu’il vient au moment où il devait venir. C’est comme une grossesse qui doit arriver a terme. Depuis le premier jour du retard, on sait tous qu’on aura un enfant et s’en suit les étapes avant d arriver au jour de la naissance de l’enfant: donc il devait atteindre la maturité.

Mais si je dois m’exprimer à coeur ouvert,  en 2012, ma carrière de mannequin a atteint son apogée. J’ai claquée la porte de mon agence en 2011 et les gens s’attendaient à ce que ma carrière s’arrête, mais Dieu a voulu que ma carrière prenne une autre dimension. J’ai fait de grosses affiches, campagnes de publicités et couverture de magazine, tout cela en même temps et bien évidemment je l’avoue étant encore jeune et naïve j’ai eu peur de cette lumière. Car la mode est un milieu d égo et dans cette guerre perpétuelle  d’ego,  je ne trouvais pas mon compte, en fonction de mes principes, mes valeurs et surtout de ma spiritualité. Étant la cible de mannequins qui voulaient ma place, de stylistes, parce que j’avais refusé de faire certaines choses et même de certaines personnes qui étaient persuadées que je finirai par céder en écartant les cuisses pour pouvoir avancer, j’ai décider de mettre un terme a ma carrière de mannequin en 2012 en voulant vivre une vie normale et me consacrer ainsi à ma vie de couple. Et d’ailleurs,  j’ai décidé de faire mon deuxième enfant.

 
 

AS: Mais vous n’êtes pas complètement sortie de la lumière…

YGMMDL: La passion étant plus forte et brûlante, j’ai réduit le nombre de personnes avec qui je travaillais pour limiter les pertes de temps. C’est ainsi que je me suis plus affirmée à partir de 2012 comme Coach, Chorégraphe de mode et directrice artistique. des choix professionnels qui me donnaient encore plus de crédibilité.

Quand en 2014 les choses n’allaient plus côté privé, et je me rende compte que j’avais fais une erreur, je suis tombée en dépression.  J’ai été trahie par des personnes en qui j’avais confiance. Je me suis enfermée dans une bulle et j’ai ressenti le besoin de me remettre en cause.  J’ai alors fait un gros travail de fond sur moi car j’ai du me pardonner à moi-même pour trouver la paix. Cela paraît anodin pour certains, mais un artiste qui est un génie créateur doit être en paix avec lui-même pour pouvoir créer parce que nos créations inspirent les autres et ont des impacts qu’on n’avait pas forcément vu venir.

Nous évoluons dans une société au contexte complexe où les choses vont au ralenti et prennent du temps. Et même quand tu ne veux pas perdre de temps,  tu es obligé d’être sûr des endroits où tu poses les pieds, en prévoyant des issues de secours.

J’évolue en personne avertie qui doit bien faire les choses et non juste faire parce que c’est mon héritage que je laisse a ceux qui suivent le même chemin que moi pour que les choses soient plus faciles et rentables. L’objectif pour moi n’est pas d’être une étincelle mais d’être une flamme qui rallume d’autres flammes.

 
 

AS: Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le montage de votre évènement?

YGMMDL: D’être déjà sûr de sa vision, d’avoir confiance en soi, parce que c’est un domaine où ce n’est pas facile, vu les nombreuse tentatives d’influence négative. Il  faut donc avoir assez de caractère pour dire non quand cela ne cadre pas avec ce qu’on veut. Il faut aussi trouver les bonnes personnes qui ont confiance en vous et en votre projet.

Quand on sait exactement ce qu’on veut,  on arrive facilement à le faire comprendre à autrui. Je ne dirais pas que le plus difficile c’est de trouver des finances parce que je me place dans un contexte où les choses se passent comme elles doivent se passer.

Si vous êtes en accord avec vous-même et que vous recevez votre vision, dès cet instant, les choses se passent comme elles doivent se passer, en fonction de l’énergie que vous dégagez. Mais je pense que la difficulté du “dos au mur”,  n’existe pas selon moi; c’est le manque de pugnacité qui nous fait trouver des escuses…rien de grand ne se fait dans la facilité.

 
 

AS: Quel regard portez-vous sur la mode au Gabon?

 YGMMDL: En toute sincérité,  je porte actuellement un regard pathétique sur la mode Gabonaise.

À un moment,  il faut qu’on arrête de se voiler la face.  Avec autant de richesse culturelle,  si on doit mettre un visage sur la culture vestimentaire du gabonais c’est lequel ?

Les acteurs de la mode gabonaise ont plus les yeux rivés hors du pays parce qu’on est dans cette course égocentrique qui doit nous permettre d’ajouter a notre CV le cachet “international”. Rien n’est structuré. Mais quand je regarde comment le milieu de la danse évolue,  je tire mon chapeau à mes collègues danseurs qui ont une fédération pas encore au point mais active.

Par rapport aux comportements des mannequins, des agences et autres je me passe de tous commentaires.

C’est un milieu où il ne faut jamais dire les choses, au risque qu’on vous ferme des portes. Et j’ai péché dans ce sens. Je vais réitérer une fois de plus que l’objectif pour moi n’est pas d’être la meilleure amie d’untel ou d’untel, mais de faire bouger les lignes et d’avancer les choses. Arrêtons avec des réactions, du genre: ” j’ai entendu que tu organises ton événement, moi aussi j’organise le mien”…c’est pas une compétition, arrêtons d’être opportuniste… je fais les choses pour le drapeau, pour le pays, dans l’espoir d’obtenir un jour cette reconnaissance qu’on me refuse à cause de mes origines.

Quand une maison tombe, au lieu de se disputer les briques restantes, il faut plutôt unir nos forces, mettre nos différends de côté et recommencer la construction du soubassement pour que la maison soit non seulement plus grande, plus spacieuse mais aussi plus belle. ORIGIN’ELLES est né de cet état esprit: résoudre les problèmes depuis la racine, depuis les origines…le retour aux sources.

 
 

AS: Qu’attendez-vous de cet évènement?

YGMMDL: Nous allons tous être témoins de ce qui se passera dans trois, six mois, voire plusieurs années. Je ne calcule rien, je fais confiance et laisse la volonté de Dieu se manifester.

 
 

Défilé de mode ORIGIN’ELLES, le 7 Avril, dès 18h30, Karé F, sis à Glass, Libreville, Gabon.
INFOLINE:  ( +241)  06641777/  07398271

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